Les conférences UNIPOP au cinéma Majestic saison 2026-2027
«Unipop de ville en ville» est une sélection de rencontres de l’Unipop de Pessac (histoire et cinéma), retransmises en direct et accompagnées de la projection d’un film.
La philosophie qui anime l’Unipop est que la connaissance est indispensable à toute forme de réflexion; que cette connaissance peut être acquise grâce à des médiateurs passionnés; que cet apprentissage peut être d’autant plus épanouissant qu’il se développe dans un esprit collectif.
Enfin que l’éducation populaire est pertinente voire nécessaire et que la culture peut être à la fois populaire, exigeante et réjouissante. Le cinéma Majestic s’associe à Unipop de ville en ville pour vous proposer ce cycle de ciné conférences pour la saison 2026-2027 : (les lundis, histoire et sciences humaines ; les jeudis sur la littérature et le cinéma)
Tarifs. Film + conférence + en-cas : 8 euros ; film seul : 7 euros ; conférence seule : 4 euros
Un bon petit soldat
Lundi 22 Octobre à 18h30
« Je n’ai pas beaucoup d’imagination. Par contre, j’ai un bon sens de l’observation. » Dans ces paroles du cinéaste Stéphane Brizé se loge une partie de la substance de son cinéma, un cinéma qui regarde le monde et en restitue les souffrances et les luttes. Sans y voir une démarche politique ou militante, on peut néanmoins déceler dans son œuvre une dimension engagée. L’authenticité de ses personnages et la subtilité de sa mise en scène lui valent un attachement fidèle du public, et une présence régulière aux César et au festival de Cannes.
Il poursuit aussi une collaboration fertile et complice avec le comédien Vincent Lindon, avec qui il a déjà tourné cinq films. Faite de comédies dramatiques sensibles (Je ne suis pas là pour être aimé, 2005 ; Mademoiselle Chambon, 2009), de drames intimistes délicats (Quelques heures de printemps, 2012 ; Une vie, 2016) ou de critiques sociales (La loi du marché, 2015 ; En guerre, 2018), la filmographie de Stéphane Brizé émeut, indigne, bouleverse. On y sent l’empreinte d’un auteur humaniste, hanté par les violences du monde sur l’individu. Un bon petit soldat s’inscrit dans cette continuité, suivant le quotidien d’une jeune femme débutant aux ressources humaines, incarnée par Alba Rohrwacher, déjà présente dans Hors-saison (2023).
Séance directement suivie d’une rencontre avec le réalisateur Stéphane Brizé
La Bataille de Gaulle : L'âge de fer / J'écris ton nom
Jeudi 26 Octobre à 15h
Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes.
Vous comprendrez mieux encore le destin du grand Charles et celui de la Résistance. Antonin Baudry a su conserver la même ambition que la première partie : on est dès les premières images de plain pied dans le récit, avec ici, une large place donnée, à raison, à Jean Moulin et au général Leclerc. Saluons le souffle épique et la forte dimension pédagogique de cette saga qui fait déjà date et qui manquait à la production française depuis plus de quatre-vingt ans !
La Bataille de Gaulle : L'âge de fer à 15h, suivi de la conférence "De Gaulle et Churchill" par François Kersaudy, puis La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom à 20h30
Mariage au goût d'orange
Jeudi 5 Novembre à 18h30
La fratrie Puig comprend sept enfants. Et c’est aujourd’hui qu’on marie le petit dernier : Jacques. Nous sommes en mars 1978 dans les faubourgs de Nantes. Le père n’assiste pas aux noces, il a été banni de la famille. Les frères et les sœurs, eux, sont tous là, heureux de se retrouver. Jacques va épouser Martine. Entre eux deux, c’est un mariage d’amour. Mais est-ce que l’amour peut sauver des blessures de l’enfance ?
« Ce film, j’ai l’impression de le connaître depuis toujours. (…) Avant même de le tourner, il était déjà là, diffus dans chaque livre que j’ai écrit, chaque film que j’ai fait. Je n’ai pas le sentiment de l’avoir réalisé, mais plutôt de l’avoir révélé, d’être allé à sa rencontre » – Christophe Honoré
Séance directement suivie d’une rencontre avec le réalisateur Christophe Honoré
Viendra la révolution
Lundi 9 Novembre à 18h30
À travers cinq portraits de ses proches, autant de figures de résistance, Pegah Ahangarani trace le récit intime de sa vie. Puisant dans ses archives personnelles, vidéos familiales, images de manifestations, articles de presse et enregistrements sonores, elle traverse plus de quarante années d’histoire de l’Iran.
Des premiers élans de 1979 jusqu’à la guerre déclenchée en 2026, elle tisse un dialogue entre mémoire individuelle et histoire collective, dressant le portrait d’un pays marqué par la répression politique mais porté sans relâche par le désir de liberté et l’espoir d’une révolution.
Séance directement suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Pegah Ahangarani
Carmen
Jeudi 10 Décembre à 18h30
Après Linda veut du poulet ! qui avait conquis par son humour et sa légèreté, Sébastien Laudenbach nous enchante avec Carmen, l’oiseau rebelle, une fable audacieuse où le destin de Carmen tombe entre les mains d’une bande de gamins téméraires.
Réalisateur de films d’animation et illustrateur, Sébastien Laudenbach a déjà réalisé dix courts métrages et deux longs métrages avant de se lancer dans une adaptation du fameux opéra de Georges Bizet avec Carmen, l’oiseau rebelle. Son premier long-métrage, La Jeune Fille sans mains (2016), est nommé aux César, avant que son second long métrage Linda veut du poulet !, co-réalisé par Chiara Malta, remporte le César Meilleur long métrage d’animation en 2023. Enseignant à l’EnsAD depuis 2001, il est également l’auteur de clips, de génériques et compose des affiches de films. Née d’une conversation avec Pierre-Henri Léon, producteur, l’ambition du film est de porter un nouveau regard contemporain sur le personnage légendaire de Carmen. Rejoint par Cyril Pedrosa pour le graphisme du film, dessinateur de l’Âge d’or (Dupuis, 2018), le réalisateur s’entoure également de sa sœur Isabelle Laudenbach et d’Amine Bouhafa à la musique.
Séance suivie d’une rencontre avec le réalisateur Sébastien Laudenbach
Ben'Imania
Lundi 4 Janvier à 18h30
Rwanda, 2012. Après le génocide des Tutsis, des tribunaux populaires sont mis en place pour apporter justice et réconciliation. Vénéranda, survivante, est convaincue de la nécessité de ces procès. Malgré les pressions, elle organise des séances de discussion entre victimes et familles de bourreaux. Mais lorsqu’elle apprend la grossesse inattendue de sa fille, elle doit faire face à ses propres contradictions et aux parts sombres de son passé.
Séance directement suivie d’une rencontre avec Hélène Dumas, historienne et Beata Umubyeyi Mairesse, écrivaine
Vivaldi et moi
Jeudi 04 Février à 20h30
Au début du XVIIIᵉ siècle, l’Ospedale della Pietà à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, l’orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l’institution. Cécilia, 20 ans, y excelle en tant que violoniste. Jusqu’au jour où l’arrivée d’un nouveau maître de musique, Vivaldi, vient bousculer sa vie et celle de l’Ospedale.
Damiano Michieletto nous propose une incursion dans un univers feutré et raffiné mais où les destins des jeunes filles sont ainsi fixés, enfermés et broyés sans qu’elles ne puissent, à aucun moment, exercer le moindre libre arbitre sur leur avenir. Ainsi la transmission artistique apparaît-elle comme la seule voie possible pour une émancipation. Vivaldi et moi s’impose comme un film historique et musical de grande tenue, avec un récit d’apprentissage tout à fait original et très bien mené. Un propos aux résonances féministes qui nous rappelle qu’hier, des femmes étaient assignées à un sort imposé par des hommes.
Séance précédée de la conférence "Vivaldi le magnifique" par Léa Frouté et Salvatore Caputo à 18h30
La violoniste
Mardi 30 Mars à 20h30
Dans le Singapour colonial britannique des années 1930, le jeune Fei et l’orphelin surdoué, Kai, rêvent de devenir des violonistes. Mais lorsque la guerre s’abat sur l’Asie du Sud-Est en 1941, Kai rejoint la résistance et disparaît après la guerre. Refusant d’accepter cette perte, Fei se consacre sans relâche à sa carrière de soliste et parcourt la région à la recherche de son ami disparu.
Séance précédée de la conférence "l’occupation japonaise de l’Asie : la réalité derrière le mensonge de la « libération »" à 18h30
Le Japon durant la Seconde Guerre mondiale est souvent réduit à un théâtre de second rang, les Américains considérant dès cette époque que la priorité allait à l’Europe. Or les Japonais avaient un projet spécifique, la « Sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale », par lequel il prétendait libérer l’Asie des « Occidentaux » et l’ériger en futur centre du monde. En réalité, ce projet n’a été qu’une entreprise de colonisation et de japonisation imitant l’Europe et les États-Unis, dont nous présenterons les différents aspects.